Dé-confinement (6)

Chers amis,

Voici qu’en ce jour de l’Ascension va disparaître à nos yeux Celui que nous avons peut-être eu de la peine à voir, soit que nous ayons été trop petits comme Zachée, soit que nous ayons été aveugles comme Bartimée, soit que nous ayons été comme les disciples d’Emmaüs empêchés par le chagrin et les difficultés…

Et pourtant, aujourd’hui plus que jamais, nous sommes invités à vivre de la béatitude de Jean « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » (Jn. 20, 29). Il disparaît à nos regards, ce qui veut dire deux choses, d’abord que nous l’avons vu, ensuite que notre regard est invité à s’orienter autrement. N’oublions pas que l’Esprit nous sera donné pour nous rappeler ce que nous avons vu et aussi pour mieux voir, mieux discerner ce qui s’offre à notre regard animé par l’amour de Dieu.

Aujourd’hui, jour de l’Ascension, nous n’avons plus à chercher où est Jésus. L’an dernier, pour ce même jour de l’Ascension, je vous avais invité à regarder la place de Marie, témoin privilégié de l’incarnation dans une des représentations de l’Ascension. Cette année, je vous invite à regarder les traces de Jésus sur notre terre dans d’autres représentations. En effet, depuis le Moyen-Âge tardif, on a commencé à représenter dans des dessins, des enluminures, des peintures, des vitraux, les traces des pieds de Jésus inscrites dans le rocher.

 Peinture v.1400 Cologne         

  Traces de dinosaure

Un esprit aussi mal tourné que le mien et un peu frotté de paléontologie ne peut que faire le rapprochement avec ces empreintes de dinosaure retrouvées en divers lieux de notre planète, empreintes dont on peut déduire que des animaux gigantesques nous ont précédés dans le cycle de la vie.

Les traces de Jésus dans le rocher n’existent que dans l’imaginaire d’artistes essayant de dire leur foi. Elles sont comme des rampes de lancement pour l’ascension, servant à nous désigner non pas ce qui nous a précédés en cette vie, mais Celui qui nous précède dans l’autre Vie, celui qui emmène notre humanité glorifiée vers le Père. Et Jésus reste le chemin. Nous devons mettre nos pas dans les siens pour faire de cette existence terrestre ce qu’il en a fait : un tremplin vers la vie éternelle.

Notre ascension commence avec celle de Jésus, sur cette terre, en suivant ses traces.

P. Pierre Lathuilière

Ce mercredi 20 mai 2020