Méditation 4ème dimanche Temps Avent

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

Méditation du Père Michel Cacaud

Cette année, le quatrième dimanche du Temps de l’Avent nous donne d’écouter le récit de l’Annonciation. Cet instant unique dans l’Histoire où le messager de Dieu, l’Ange Gabriel, s’approche de la Vierge Marie, pour lui révéler la mission que le Seigneur veut lui confier. Il est venu avec un message, il doit repartir avec une réponse. Est-il le seul à attendre cette réponse ?

Ecoutons Saint Bernard :

« Tu l’as entendu, ô Vierge : tu concevras un fils, non d’un homme — tu l’as entendu — mais de l’Esprit Saint. L’ange, lui, attend ta réponse : il est temps pour lui de retourner vers celui qui l’a envoyé. Nous aussi, nous attendons, ô Notre Dame. Accablés misérablement par une sentence de condamnation, nous attendons une parole de pitié. Or voici, elle t’est offerte, la rançon de notre salut. Consens, et aussitôt nous serons libres. Dans le Verbe éternel de Dieu, nous avons tous été créés ; hélas, la mort fait son œuvre en nous. Une brève réponse de toi suffit pour nous recréer, de sorte que nous soyons rappelés à la vie.


Ta réponse, ô douce Vierge, Adam l’implore tout en larmes, exilé qu’il est du paradis avec sa malheureuse descendance ; il l’implore, Abraham, il l’implore, David, ils la réclament tous instamment, les autres patriarches, tes ancêtres, qui habitent eux aussi au pays de l’ombre de la mort. Cette réponse, le monde entier l’attend, prosterné à tes genoux. Et ce n’est pas sans raison, puisque de ta parole dépendent le soulagement des malheureux, le rachat des captifs, la délivrance des condamnés, le salut enfin de tous les fils d’Adam, de ta race entière.

Ne tarde plus, Vierge Marie. ~ Vite, réponds à l’ange, ou plutôt, par l’ange réponds au Seigneur. Réponds une parole et accueille la Parole ; prononce la tienne et conçois celle de Dieu ; profère une parole passagère et étreins la Parole éternelle.


Pourquoi tarder ? Pourquoi trembler ? Crois, parle selon ta foi et fais-toi tout accueil. Que ton humilité devienne audacieuse, ta timidité, confiante. Certes il ne convient pas en cet instant que la simplicité de ton cœur virginal oublie la prudence ; mais en cette rencontre unique ne crains point la présomption, Vierge prudente. Car si ta réserve fut agréable à Dieu dans le silence, plus nécessaire maintenant est l’accord empressé de ta parole. Heureuse Vierge, ouvre ton cœur à la foi, tes lèvres à l’assentiment, ton sein au Créateur. Voici qu’au dehors le Désiré de toutes les nations frappe à ta porte. Ah ! Si pendant que tu tardes il allait passer son chemin, t’obligeant à chercher de nouveau dans les larmes celui que ton cœur aime. Lève-toi, cours, ouvre-lui : lève-toi par la foi, cours par l’empressement à sa volonté, ouvre-lui par ton consentement.

Voici, dit-elle, la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Ce dialogue unique entre la Vierge Marie et l’Ange est aussi un modèle pour nous. Lorsque nous percevons que le Seigneur veut nous confier une mission, lorsqu’il nous adresse un appel, il attend certes notre réponse mais il y en a beaucoup d’autres qui attendent, sans le savoir, souvent, ceux que le Seigneur veut rejoindre par la mission qu’il veut nous confier. Car si la mission que le Seigneur nous confie n’ajoute rien à sa divinité qui est parfaite en elle-même, elle est l’expression de sa volonté : Il veut rejoindre les hommes de notre temps en faisant de nous ses messagers. Comme la Vierge Marie soyons attentifs à ce que nous percevons de la volonté de Dieu et ne faisons pas la sourde oreille à ceux qui attendent muets et silencieux, notre réponse !

Seigneur donne à tes fidèles de se préparer avec un cœur disponible à accueillir Celui qui vient nous sauver.

Seigneur donne-nous d’attendre ce que tu promets et d’espérer ta venue dans la gloire.

Seigneur veille sur Monseigneur Olivier de Germay aujourd’hui accueilli dans notre diocèse. Qu’il trouve en toi ce dont il a besoin pour accomplir sa mission, qu’il trouve en nous les collaborateurs dont il a besoin.