Méditation dimanche, 1ere semaine temps de l’Avent

Méditation du Père Michel Cacaud

Si nous ne pouvons pas nier que le Temps de l’Avent nous est offert pour nous préparer à la fête de Noël tant il est vrai que nous devons toujours méditer sur le mystère de l’Incarnation, nous ne devons pas passer à côté de l’autre dimension de ce temps qui inaugure l’année liturgique : l’annonce et la préparation de la venue dans la gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Méditer sur le mystère de l’Incarnation. Comment est-il possible que Celui que rien ne saurait contenir ni sur la terre ni dans le ciel ait accepté de s’enfermer pendant 9 mois dans le sein d’une femme ? Comment le même a-t-il pu assumer notre humanité depuis ses tout premiers instants jusqu’à étendre les bras sur la Croix ? Celui qui a créé le ciel et la terre vient demeurer au milieu de s création : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). La réponse à ces questions nous semble hors de portée et cependant celui qu’ont annoncé les prophètes est bien venu sur la terre des hommes. Les chemins du Seigneur ne sont pas les nôtres et nous ne devons pas nous étonner qu’il nous rejoigne d’une manière qui dépasse ce que nos capacités humaines n’auraient même pas osé imaginer ! Tout cela Dieu le fait parce qu’il veut que son projet initial se réalise. Il a créé l’homme à son image et à sa ressemblance. Cette décision est irrévocable et pour que nous comprenions bien cela il envoie son Fils prendre la nature humaine pour nous montrer que nous sommes bien conformes au modèle. Si l’homme est créé à l’image de Dieu alors Dieu peut revêtir notre humanité. En même temps l’image de Dieu qu’est tout homme a été dégradée, défigurée par le péché et Jésus en nous en délivrant nous restaure dans notre véritable identité, dans notre véritable dignité. Nous en aurons donc jamais fini de méditer sur le mystère de l’Incarnation, nous n’aurons jamais fini de nous préparer à le célébrer. Que l’Esprit promis par Jésus vienne au secours de notre faiblesse pour que nous grandissions dans la foi au Dieu qui se fait homme pour que l’homme devienne dieu.

Annoncer et préparer la venue dans la gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est l’autre aspect de ce Temps de l’Avent. C’est pourquoi la Parole de Dieu nous invite à unir notre appel à celui du prophète Isaïe : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, » ou d’entendre Jésus nous demander de « veiller » et d’attendre comme les Corinthiens « de voir se révéler Notre Seigneur Jésus-Christ ». C’est la conviction de l’Eglise qui chaque fois qu’elle professe sa foi affirme en parlant de Jésus : « Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et le morts et son règne n’aura pas de fin » ou bien au moment de l’anamnèse : « Nous rappelons ta mort Seigneur ressuscité et nous attendons que tu viennes » ou encore dans l’embolisme du Notre-Père : « …Rassure-nous devant les épreuves, en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets : l’avènement de Jésus-Christ notre Seigneur ». Ainsi donc aussi vrai que Jésus est venu une première fois en prenant chair de la Vierge Marie, il viendra au terme de l’Histoire. Nous sommes donc le peuple de l’attente. Une attente joyeuse et confiante, car nous savons que le Seigneur est fidèle à ses promesses et nous en avons la preuve si besoin était dans le premier avènement annoncé par les prophètes et accompli dans la nuit de Noël. Cette attente est joyeuse car nous savons qu’alors nous serons entrainés par lui dans ce Royaume de justice et de paix où la mort sera définitivement anéantie et où l’amour assurera son triomphe, alors nous serons semblables à Lui parce que nous le verrons tel qu’il est.

Cette perspective heureuse nous invite à une veille active. Se préparer à la venue du Seigneur ne se fait pas les bras croisés en attendant bien sagement. Il s’agit d’apprendre déjà à le connaître en méditant sa Parole, en célébrant les sacrements et en apprenant à l’aimer et à le servir en aimant et en servant notre prochain : « ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ». C’est sans doute cet aspect de la préparation qui nous semble le plus difficile car nous avons de la peine à voir dans notre prochain une image de Jésus, quelqu’un qui nous apprend quelque chose sur lui. Le temps de l’Avent nous invite donc à dépasser nos horizons trop souvent bornés aux limites terrestres pour élever nos regards pour déjà entrevoir la Cité céleste à laquelle nous sommes promis où notre vie se poursuivra et s’accomplira dans le mystère de Dieu.

Nous sommes aussi le peuple de l’Annonce. Dans un monde occidental qui s’est éloigné de Dieu et ne connaît que des horizons terrestres, il nous appartient d’être les messagers de la venue dans la gloire du Seigneur Jésus, une perspective qui dépasse les horizons humains et ouvre celle des cieux. Nous avons souvent que notre appel ressemble à celui de Jean-Baptiste : « Une voix crie dans le désert »  et que peu de nos contemporains sembles attentifs à nos voix. Comme le disaient Saint Bernadette à son curé en lui délivrant le message de la Vierge : « il ne m’appartient pas de vous faire croire, il m’appartient de vous le dire ». C’est Dieu qui ouvre les cœurs pour les éveiller à la foi, ce sont ses messagers qui préparent le chemin en annonçant la bonne nouvelle de la venue dans la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ.

Avec toute l’Eglise vivons ce Temps de l’Avent comme celui de l’Espérance nous souvenant que Celui que nous attendons est Celui qui est « la Lumière qui brille dans les ténèbres » sans que celles-ci puissent l’arrêter. Si le chemin qui s’ouvre devant nous n’est pas facile, nous savons qu’il n’est pas sans issue et qu’il nous mène là où Jésus est entré « le Premier d’une multitude de frères ».

Prions le Seigneur pour que nous entrions dans ce temps de l’Avent avec beaucoup de joie, celle que nous donne déjà le Seigneur qui vient.

Prions le Seigneur pour notre nouvel Archevêque qui sera accueilli bientôt dans notre église primatiale. Qu’il puisse compter sur notre soutien et notre aide pour découvrir notre diocèse et lui apporter ce dont il a besoin après ces années difficiles.

Prions le Seigneur pour ceux qui nous gouvernent qu’ils apprennent à respecter tous les habitants de notre pays y compris dans le libre exercice de leurs convictions religieuses.

Prions pour notre communauté particulièrement pour ceux qui ne peuvent rejoindre la communauté paroissiale afin que notre prière et notre charité soient pour eux un soutien.