L’édito du Père Cacaud

Marie et Jean-Baptiste

En ce dimanche, deuxième du temps de l’Avent, c’est la figure de Jean-Baptiste qui s’impose mais déjà, notre regard et notre prière sont orienté vers la Vierge Marie, car le 8 décembre est tout proche. Il y a comme un télescopage entre deux grandes figures dont le message nous semble contradictoire.
D’un côté la figure imposante de Jean-Baptiste dont la voix tonitruante invective les Pharisiens et les Saducéens : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? ». Il pique au vif ! C’est la voix du prophète qui voit l’urgence de l’appel à la conversion et qui veut en signifier l’importance. Déjà les anciens Prophètes savaient ne pas mâcher leurs mots pour réveiller le peuple de sa torpeur où le sommer de quitter le culte des faux dieux. Des voix comme les leurs se sont fait entendre aussi tout au long de l’histoire de l’Eglise. Ils ne manquent pas les saints qui n’avaient pas la langue dans leur poche pour rappeler le droit et la justice, les exigences de la charité. Des voix semblables s’élèvent aujourd’hui encore et nous dérangent dans notre confort. Plutôt que de faire la sourde oreille ou d’essayer d’édulcorer leur message, sachons les écouter, acceptons de nous laisser secouer pour ne pas retarder le temps de notre conversion car le Seigneur vient !
De l’autre côté la figure paisible de Marie qui reçoit la visite de l’ange Gabriel et qui accueille la mission qu’il lui confie : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. ». Après avoir demandé comment les choses allaient se passer pour elle, Marie adhère à la volonté du Seigneur : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Nous sommes loin des éclats de voix de Jean-Baptiste, nous pénétrons dans la confidentialité d’un dialogue mystérieux et cependant les paroles ont la même vigueur. Quelle force dans le message de Gabriel, quelle force en Marie, celle de l’Esprit saint, pour entrer dans le projet de Dieu.