L'ÉDITO DU PÈRE CACAUD

semaine du 14 décembre 2025

Prendre soin (13)

Nous avons vu comment Jésus sait prendre soin de la dimension corporelle de notre existence. Nous le savons Jésus est venu à la rencontre de tous les hommes et de tout l’homme, il ne délaisse donc pas son intelligence, son âme, ses capacités de réflexion. Nous le voyons tout au long de l’évangile. Jésus est un enseignant : « En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement. » (Mc 6, 34) Si l’homme s’approche de Dieu avec son corps, il s’approche de lui aussi avec son intelligence ; Nos capacités intellectuelles sont au service de l’approfondissement de notre foi.

Nous avons en mémoire le discours sur la montagne (Mt 5-7), l’entretien avec la Samaritaine (Jn 4), ou encore le discours sur le pain de vie (Jn 6), la conversation avec les Pharisiens lors de la rencontre avec la femme adultère…

Jésus s’entretient avec le groupe de ses apôtres, de ses disciples, avec les Pharisiens, les scribes, les docteurs de la loi, les prêtres, avec les foules, il y a aussi des têtes à tête souvenons-nous de Zachée.

Son enseignement est écouté parce « qu’ il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes » (Mt 7, 29). La parole de Jésus est sûre, on peut lui accorder son attention, lui donner sa confiance.

En nourrissant nt les intelligences, Jésus veut aider ceux qu’ils rencontrent à réaliser que l’on ne grandit bien dans sa vie d’homme non seulement en prenant soin de son corps mais aussi en développant ses capacités intellectuelles.

L’enseignement de Jésus se veut fidèle à la Loi : « Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. » (Mt 5, 18) En même temps dans la suite de ce discours sur la montagne, Jésus va comme en sorte sublimer la loi avec ce refrain « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens… Eh bien ! moi, je vous dis » (Cf. Mt 5, 21-22). Ce faisant Jésus donne la clé d’interprétation de la Loi qui sera résumé par Saint Paul : « le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. » (Rm 13, 10) Jésus veut entrainer ses auditeurs à lire les Ecritures avec les lunettes de la charité.

Aujourd’hui encore nous entendons cette invitation à mettre nos capacités intellectuelles au service de notre foi. Jésus nous y convie en soumettant ses capacités à l’humilité. « En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25) Il s’agit donc d’entrer dans la connaissance du mystère en nous laissant conduire par l’Esprit-Saint c’est notre guide et notre formateur. S’il convient de ne pas se contenter de « la foi du charbonnier », il s’agit aussi de ne pas « enjamber sur le Bon Dieu » comme disait le saint Curé d’Ars et d’avancer dans notre démarche avec une intelligence qui accueille les lumières de la grâce.

L’Eglise tout au long de son histoire a voulu honorer cette dimension de la vie chrétienne : apprendre avec nos capacités intellectuelles à s’approcher du mystère de Dieu. Elle a pour cela développer les écoles, les collèges, les universités élargissant au-delà du strict domaine des sciences religieuses le large champ des connaissances littéraires, philosophiques ou scientifiques. Elle continue à le faire, convaincue que sa mission est au service du développement intégrale de tout l’homme et de tous les hommes. Nous sommes tous invités à profiter de tout ce que l’Eglise nous offre aujourd’hui, en particulier dans le domaine de la formation religieuse car comme l’enseignait déjà les prophètes : « Écoute, Israël, les commandements de vie, prête l’oreille pour acquérir la connaissance. » (Ba 3, 9) ; « Et mon peuple, faute de connaissance, sera, lui aussi, réduit au silence. » (Os 4, 6) La foi et la raison sont des sœurs jumelles appelées à travailler ensemble écrivait saint François de Sales.

Michel Cacaud