La première manière de prendre soin dont nous avons parlé est celle qui consiste par exemple à venir au secours d’une personne blessée rencontrée au bord du chemin. Cela nous rappelle la parabole du Bon Samaritain racontée par Jésus dans l’évangile selon saint Luc : « Et voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? « Prions pour que les enfants atteints de maladies incurables ainsi que leurs familles reçoivent les soins médicaux et le soutien nécessaires, sans jamais perdre force et espérance. »Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.” Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. » (Lc 10, 25-37)
Jésus répond à la question posée par le docteur de la Loi : « Qui est mon prochain ? » que l’on pourrait exprimer de cette manière : « Qui est celui dont je dois prendre soin ? » Jésus veut faire comprendre que l’on ne choisit pas son prochain, celui dont on doit prendre soin. Les circonstances s’imposent. Si le prêtre et le lévite passent leur chemin, ce n’est pas par mépris du blessé mais à cause des prescriptions de la loi dont ils n’arrivent pas à se départir. Plus tard lorsque saint Vincent de Paul s’adressera aux Filles de la charité, il les libèrera par rapport aux règles de leur institut au motif de l’exercice de la charité : « Il ne faut pas de retardement en ce qui est du service des pauvres. Si, à l’heure de votre oraison, le matin, vous devez aller porter une médecine, oh ! allez-y en repos ; offrez à Dieu votre action, unissez votre intention à l’oraison qui se fait à la maison, ou ailleurs, et allez-vous-en sans inquiétude. Si, quand vous serez de retour, votre commodité vous permet de faire quelque peu d’oraison ou de lecture spirituelle, à la bonne heure ! Mais il ne vous faut point inquiéter, ni croire avoir manqué, quand vous la perdrez ; car on ne la perd pas quand on la quitte pour un sujet légitime. Et s’il y a sujet légitime, mes chères filles, c’est le service du prochain. Ce n’est point quitter Dieu que quitter Dieu pour Dieu, c’est-à-dire une œuvre de Dieu pour en faire une autre, ou de plus grande obligation, ou de plus grand mérite. Vous quittez l’oraison ou la lecture, ou vous perdez le silence pour assister un pauvre, oh ! sachez, mes filles, que faire tout cela, c’est le servir. Car, voyez-vous, la charité est par-dessus toutes les règles, et il faut que toutes se rapportent à celle-là. C’est une grande dame. Il faut faire ce qu’elle commande. » (Entretiens avec les Filles de la Charité)
Le Samaritain lui a su spontanément prendre soin de ce blessé, il l’a conduit à l’auberge et à laisser de quoi subvenir à ses besoins. Jésus le donne en exemple au docteur de la loi comme à chacun d’entre nous. Il nous faut comme l’apôtre Paul découvrir que la charité nous presse (2Co, 5, 14) et que lorsque l’occasion se présente, il nous faut avoir la spontanéité d’agir pour le meilleur sans nous soucier de l’identité de celui qui est dans la détresse, sans chercher son origine, sans avoir peur du dérangement occasionné, en considérant tout simplement que pour l’heure, cette personne est mon prochain et que par conséquent je dois être disponible pour prendre soin de lui. L’histoire de l’Eglise et en particulier la vie des saints est en cela une source permanente d’inspiration.