Quelques textes du Magistère.
Jean-Paul II
Dans le mariage, l’homme et la femme s’unissent d’une façon tellement étroite qu’ils deviennent, selon les paroles du Livre de la Genèse, « une seule chair » (Gn 2, 24). Homme et femme de par leur constitution physique, les deux sujets humains, bien que différents corporellement, partagent d’une manière égale la capacité de vivre « dans la vérité et dans l’amour ». Cette capacité, qui caractérise l’être humain comme personne, a une dimension à la fois spirituelle et corporelle. C’est aussi à travers le corps que l’homme et la femme sont préparés à former une « communion de personnes » dans le mariage. Quand, en vertu de l’alliance conjugale, ils s’unissent au point de devenir « une seule chair » (Gn 2, 24), leur union doit se réaliser « dans la vérité et dans l’amour », mettant ainsi en lumière la maturité propre des personnes créées à l’image de Dieu, selon sa ressemblance. (Jean-Paul II lettre aux familles 1994)
Benoît XVI
En opposition à l’amour indéterminé et encore en recherche, ce terme exprime l’expérience de l’amour, qui devient alors une véritable découverte de l’autre, dépassant donc le caractère égoïste qui dominait clairement auparavant. L’amour devient maintenant soin de l’autre et pour l’autre. Il ne se cherche plus lui-même – l’immersion dans l’ivresse du bonheur – il cherche au contraire le bien de l’être aimé : il devient renoncement, il est prêt au sacrifice, il le recherche même. (…) L’amour comprend la totalité de l’existence dans toutes ses dimensions, y compris celle du temps. Il ne pourrait en être autrement, puisque sa promesse vise à faire du définitif : l’amour vise à l’éternité. Oui, l’amour est « extase », mais extase non pas dans le sens d’un moment d’ivresse, mais extase comme chemin, comme exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément ainsi vers la découverte de soi-même, plus encore vers la découverte de Dieu : «Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera » (Lc 17, 33), dit Jésus » (Deus caritas est 6) « L’homme ne peut pas non plus vivre exclusivement dans l’amour oblatif, descendant. Il ne peut pas toujours seulement donner, il doit aussi recevoir. Celui qui veut donner de l’amour doit lui aussi le recevoir comme un don. » (Id 7)
Dicastère pour la doctrine de la foi
Il convient maintenant de rappeler également la pensée théologique et pastorale de saint Alphonse-Marie de Liguori qui présente l’union et le don mutuel des époux de manière intégrale (y compris les relations sexuelles), comme des fins intrinsèques essentielles, tandis qu’il considère la procréation comme une fin intrinsèque, mais accidentelle. Il soutient donc que « l’on peut considérer trois fins dans le mariage : les fins intrinsèques essentielles, les fins intrinsèques accidentelles et les fins accidentelles extrinsèques. Les fins intrinsèques essentielles sont au nombre de deux : le don réciproque avec l’obligation de satisfaire le devoir [c’est-à-dire au nombre de deux : la génération de la progéniture et le remède à la concupiscence « Saint Alphonse fait également référence à des fins extrinsèques, telles que le plaisir, la beauté et bien d’autres, qui sont licites. De cette manière, le saint Docteur de l’Église tente d’enrichir la vision du mariage afin de développer une approche pastorale qui aide les époux à vivre leur union d’une manière plus riche et plus stimulante. Il est permis de désirer le mariage également en raison de l’attirance particulière pour l’une de ces fins extrinsèques, car, à condition que les fins principales ne soient pas exclues, cela « n’est pas un désordre ». (Une seule chair 44, 45)