Parmi ceux dont il faut prendre soin il y a particulièrement les malades, ceux qui souffrent d’une maladie physique, psychique ou qui sont atteintes d’un handicap. Ils tiennent une place particulière dans le ministère publique de Jésus. Les malades sont bien la catégorie de personnes auxquelles Jésus est le plus attentif : aveugles, sourds, muets, paralysés, handicapés, atteints de maladies mentales… Il les guérit et considère leur guérison comme un signe du Royaume : « Lorsque Jésus eut terminé les instructions qu’il donnait à ses douze disciples, il partit de là pour enseigner et proclamer la Parole dans les villes du pays. Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. » (Mt 11, 1-5)
Dans la vie et dans la mission de l’Eglise, le soin des malades a toujours tenu une place importante. L’Eglise n’est-elle pas à l’origine des « Hôtel-Dieu », ces lieux où étaient accueillis les malades et où on essayait, avec les moyens de l’époque, de les guérir. Ces lieux dont l’architecture donnait le sens de la souffrance. En effet la plupart des hôpitaux étaient construits en forme de croix. Sur les bras de la croix étaient disposés les lits des malades leur permettant de découvrir qu’ils étaient invités à unir leurs souffrances à celles de Jésus crucifié et à l’intersection des deux bras de la croix était dressé l’autel sur lequel était célébrée l’Eucharistie signe de la présence du Seigneur qui fidèle à sa parole est présent dans la vie du chrétien quelle que soit sa situation physique ou psychique. L’Eucharistie, offerte pour le salut des vivants et des morts dans laquelle les malades pouvaient puiser l’Espérance telle que l’exprime saint Paul : « Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. » (Rom 8, 17-18) Le personnel soignant, et en particulier les religieuses avaient le souci de cette dimension spirituelle de la maladie. Songeons qu’il y a cent ans, il y avait plus de 1000 religieuses au service des Hospices civils de Lyon.
L’évolution de la médecine, le besoin d’infrastructures plus adaptées, la vétusté de certains établissements, la diminution des vocations de religieuses hospitalières ont changé bien des aspects de l’accompagnement des malades. Les progrès scientifiques ont permis une prise en charge médicale bien meilleure et beaucoup ressortent guéris de leur séjour à l’hôpital et c’est heureux mais l’accompagnement spirituel, s’il est toujours assuré par les équipes d’aumônerie n’a plus la présence quotidienne qu’il avait dans le passé.
L’Eglise insiste pour que les malades ne soient pas isolés sur le plan spirituel. Chaque année la journée mondiale du malade est l’occasion pour le pape de rappeler cette place des malades et l’attention qu’elle mérite : « [cette journée] devient une occasion propice pour réfléchir sur le mystère de la souffrance et, surtout, pour sensibiliser davantage nos communautés et la société civile à l’égard de nos frères et sœurs malades. Si tout homme est notre frère, d’autant plus celui qui est le plus faible, celui qui souffre et celui qui a besoin de soins doivent-ils être au centre de notre attention, afin qu’aucun d’eux ne se sente oublié ou marginalisé ; en effet, « la mesure de l’humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. Cela vaut pour chacun comme pour la société. Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n’est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine » (Lettre encycl. Spe salvi, 38). (Benoît XVI message pour la journée mondiale du malade).