Le 11 février prochain, fête de Notre-Dame de Lourdes, nous célèbrerons la journée mondiale de prière pour les malades. Nous l’anticipons ce dimanche en célébrant pour certains paroissiens le sacrement de malades. Ce sacrement, contrairement à une appréhension encore tenace, ne concerne pas seulement ceux qui s’approchent de la mort mais aussi tous ceux qui sont éprouvés par une maladie du corps, de l’âme ou de l’esprit. « Le second concile du Vatican a ajouté les précisions suivantes : ‘L’Extrême-Onction’ qu’on peut appeler aussi et mieux ‘L’Onction des malades’, n’est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi le temps opportun pour le recevoir est-il certainement déjà venu lorsque le fidèle commence à être en danger de mort à cause de la maladie ou de la vieillesse.’ (Rituel pour le sacrement des malades).
Le sacrement, célébré au cours de la liturgie nous rappelle la place centrale que les malades occupent dans la vie et dans la mission de Jésus et par conséquent dans celles de l’Eglise. Le pape François dans la bulle d’indiction de l’année sainte le rappelle : « Des signes d’espérance devront être offerts aux malades, qu’ils soient à la maison ou à l’hôpital. Leurs souffrances doivent pouvoir trouver un soulagement dans la proximité de personnes qui les visitent et dans l’affection qu’ils reçoivent. Les œuvres de miséricorde sont aussi des œuvres d’espérance qui réveillent dans les cœurs des sentiments de gratitude. Et que la gratitude atteigne tous les professionnels de la santé qui, dans des conditions souvent difficiles, exercent leur mission avec un soin attentif pour les personnes malades et les plus fragiles.
Qu’il y ait une attention inclusive envers ceux qui, se trouvant dans des conditions de vie particulièrement pénibles, font l’expérience de leur faiblesse, en particulier s’ils souffrent de pathologies ou de handicaps limitant grandement leur autonomie personnelle. Le soin envers eux est un hymne à la dignité humaine, un chant d’espérance qui appelle l’agir harmonieux de toute la société. (Spes non confundit n°11).
Le fait de célébrer le sacrement des malades au cours de la liturgie dominicale nous invite à vivre une solidarité avec tous ceux qui souffrent comme le rappelle Benoît XVI dans l’encyclique Spe salvi : « Accepter l’autre qui souffre signifie, en effet, assumer en quelque manière sa souffrance, de façon qu’elle devienne aussi la mienne. Mais parce que maintenant elle est devenue souffrance partagée, dans laquelle il y a la présence d’un autre, cette souffrance est pénétrée par la lumière de l’amour. La parole latine con-solatio, consolation, l’exprime de manière très belle, suggérant un être-avec dans la solitude, qui alors n’est plus solitude. Ou encore la capacité d’accepter la souffrance par amour du bien, de la vérité et de la justice est constitutive de la mesure de l’humanité, parce que si, en définitive, mon bien-être, mon intégrité sont plus importants que la vérité et la justice, alors la domination du plus fort l’emporte; alors règnent la violence et le mensonge. La vérité et la justice doivent être au-dessus de mon confort et de mon intégrité physique, autrement ma vie elle-même devient mensonge. Et enfin, le « oui » à l’amour est aussi source de souffrance, parce que l’amour exige toujours de sortir de mon moi, où je me laisse émonder et blesser. L’amour ne peut nullement exister sans ce renoncement qui m’est aussi douloureux à moi-même, autrement il devient pur égoïsme et, de ce fait, il s’annule lui-même comme tel » (n°38).