L'ÉDITO DU PÈRE CACAUD

semaine du 16 février 2025

Citius, Altius, Fortius, Communiter (21). Année Sainte (7)

Dans le cadre de cette année sainte et tout en suivant notre guide de la devise des jeux olympique, nous sommes éclairés en ce dimanche par les béatitudes dans la tradition de l’évangile selon saint Luc.

La tradition lucanienne livre des béatitudes moins nombreuses que celle de Matthieu et y sont associées des malédictions. Luc indique à la fois le chemin de la véritable sainteté tout en indiquant les écueils. C’est bien l’appel que nous entendons en cette année sainte où nous nous laissons toucher par l’Esprit Saint pour être en quelque sorte « replongés » dans les eaux de notre Baptême.

Si nous avançons sur la voie de la sainteté selon les indications de Luc, nous entendons le Seigneur nous inviter à progresser sur le chemin de la pauvreté non pas tant la pauvreté matérielle qui n’est jamais considérée comme une bénédiction, sinon Jésus ne nous aurait jamais invités à soulager les miséreux : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger… » (Cf. Mt 25, 31ss). Il nous invite selon les paroles du saint Curé à être cet homme qui « est un pauvre qui attend tout de Dieu ». Cette pauvreté est un bien spirituel que nous devons accueillir et cultiver. Nous tourner vers Dieu comme vers celui de qui nous recevons tout.

Il est ensuite question de ceux qui ont faim. Il ne s’agit pas ici de la faim des nourritures terrestres mais bien plutôt des nourritures spirituelles. Il s’agit d’avoir faim de ce pain que nous demandons dans la prière que Jésus nous enseignée. L’année sainte peut réveiller en nous ce désir de cette nourriture eucharistique et nous renouveler dans la manière dont nous nous en approchons.

En poursuivant, nous entendons : « Heureux ceux qui pleurent » et là encore nous devons préciser car Jésus à consoler beaucoup de personnes plongées dans la tristesse. Les larmes dont il est question ici sont celles du regret que nous éprouvons lorsque nous constatons les conséquences du péché dans nos vies. L’année sainte est une occasion de faire ce retour sur nous-mêmes et de crier avec le psaume « Pitié mon Dieu dans ton amour » (Ps 50).

Il est enfin question de ceux qui sont persécutés à cause du nom de Jésus, nous savons bien quel peut être le prix de notre fidélité dans le monde dans lequel nous vivons et combien sont déterminant les choix que nous faisons.

Viennent ensuite les malédictions qui sont comme l’envers de la médaille. Si les riches sont fustigés ce ne sont pas d’abord ceux qui jouissent d’un solide compte en banque mais ceux qui en profitent égoïstement. Il en va de même pour ceux qui se vautrent dans la jouissance des nourritures terrestres qui ne sont pas seulement celles de la table ou encore de ceux qui se laissent égarer par les réjouissances de ce monde et ferment les yeux sur la présence de Dieu et la vie de leurs frères.

Mettons à profit cette année sainte et accueillons les enseignements de l’évangile pour avancer plus vite, monter plus haut, devenir plus forts ensemble sur ce chemin où le Seigneur ne cesse de nous appeler.

 

Michel Cacaud