L'ÉDITO DU PÈRE CACAUD

semaine du 9 mars 2025

Citius, Altius, Fortius, Communiter (23). Année Sainte (9)

Par le rite significatif de l’imposition des cendres, nous sommes entrés mercredi dernier dans le temps du Carême. Nous le vivons cette année dans le cadre du jubilé et nous continuons à nous laisser éclairer par la devise olympique : Plus vite, plus haut, plus forts, ensemble.

Dans le monde sportif, avant des compétions importantes, on organise un stage. Ce stage oriente toute l’attention vers la compétition qui approche. Il se déroule en général loin des lieux habituels de vie, dans des centres dûment équipés, les journées sont organisées en fonction de cette activité et l’on est attentif à prendre soin du physique, par des exercices spécifiques, autant que du mental, en favorisant tout ce qui va booster les motivations. Si bien sûr on stimule le développement personnel, on n’oublie pas, surtout dans les sports collectifs, de fortifier la cohésion des équipes selon l’adage : « un pour tous, tous pour un ».

Le temps du Carême est, mutatis mutandis, un temps similaire. Il oriente notre vie chrétienne vers la nuit de Pâques au cours de laquelle nous renouvellerons les promesses de notre Baptême. Pour les catéchumènes c’est le temps de l’ultime préparation en vue de la célébration des sacrements de l’Initiation chrétienne (Baptême, Confirmation, Eucharistie). Chaque dimanche, il est vrai, nous renouvelons notre engagement baptismal par la célébration de l’Eucharistie au cours de laquelle nous professons notre foi. Le risque c’est de se laisser prendre au piège de la routine. Nous avons besoin de prendre une distance par rapport à notre vie quotidienne en acceptant un déplacement. Ce déplacement, il peut être géographique en rejoignant un lieu de retraite mais la plupart du temps il ne peut se réaliser que dans l’aménagement des espaces et du temps dans nos lieux habituels de vie. C’est sans doute plus difficile car nos lieux de vie sont liés à nos habitudes et elles ont souvent la vie dure. Il faut donc que nous exercions notre vigilance et notre persévérance pour ne pas nous laisser distraire. On peut aménager des espaces comme on le fait dans le temps de l’Avent et de Noël avec l’installation de la crèche en mettant en honneur une croix ou une image qui évoque le mystère pascal. Nous sommes tous équipés de téléphones qui nous rappellent à l’ordre pour ne pas oublier nos rendez-vous, nous pouvons enregistrer une sonnerie spécifique qui nous invitera à ne pas oublier le temps de prière familiale ou personnelle que nous avons programmé. Quelle que soit la manière dont nous allons le vivre souvenons-nous de cette appel que relaye l’Ecriture : « Je vais te conduire au désert et parler à ton cœur et tu me répondras comme au jour de ta jeunesse » (Os 2,16)

Une antienne du temps de Carême nous rappelle le sens de cette démarche : « Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu ». Si le Carême nous invite bien à cette attention sur l’état de notre vie chrétienne aujourd’hui et si nous sommes bien invités à lui redonner son orientation fondamentale, nous ne sommes pas livrés à nous-mêmes. Nos yeux contemplent Jésus-Christ et nous savons qu’il est avec nous pour nous guider et nous soutenir. Nous ne disons pas j’entre dans le combat de Dieu mais bien entrons dans le combat de Dieu. La présence et le soutien de nos frères sont des encouragements que nous ne devons pas négliger. Bien sûr notre motivation personnelle a sa place et en dehors d’elle rien ne pourra se produire : « Dieu qui peut beaucoup pour toi, ne peut rien sans toi ». Soyons également réceptifs aux conseils que Jésus nous enseigne et que l’Eglise nous rappelle : le jeûne, la prière et le partage. Nous y reviendrons les prochaines semaines.

Enfin n’oublions pas les catéchumènes et en particulier Gwendoline, Lys, Max ainsi que ceux qui se préparent à la Confirmation et/ou à l’Eucharistie.

Bon Carême.

 

Michel Cacaud

Michel Cacaud