L'ÉDITO DU PÈRE CACAUD

semaine du 16 mars 2025

Citius, Altius, Fortius, Communiter (24). Année Sainte (10)

Parmi les exercices proposés aux chrétiens pour vivre le temps du Carême, il y a celui du Jeûne.
Dans l’éditorial précédent, nous avons esquissé un parallèle entre le Carême et les stages auxquels participent les sportifs avant une compétition importante. Le régime alimentaire est d’une grande importance. Il faut équilibrer glucides et lipides, savoir doser les quantités de nourriture absorbée, savoir respecter les horaires, ne plus succomber à la tentation des petits ‘en-cas’ pour soulager les fringales de fin de matinée…

Le jeûne au quel sont invités les chrétiens s’apparente un peu, mutatis mutandis, à ce que vivent les athlètes. Cet exercice plonge ses racines dans la tradition biblique : « 28 Moïse demeura sur le Sinaï avec le Seigneur quarante jours et quarante nuits ; il ne mangea pas de pain et ne but pas d’eau. Sur les tables de pierre, il écrivit les paroles de l’Alliance, les Dix Paroles. 29 Lorsque Moïse descendit de la montagne du Sinaï, ayant en mains les deux tables du Témoignage, il ne savait pas que son visage rayonnait de lumière depuis qu’il avait parlé avec le Seigneur. 30 Aaron et tous les fils d’Israël virent arriver Moïse : son visage rayonnait. » (Ex 34, 28-30) Jésus lui-même au début de son ministère public fait l’expérience du jeûne : « 01 Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. 02 Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. » (Mt 4, 1-2) C’est donc tout naturellement qu’il entre dans la tradition de l’Eglise et est particulièrement lié au Carême.nDeux jours dans le temps du Carême sont particulièrement ordonnés à la pratique du jeûne : le Mercredi des Cendres et le Vendredi saint. Les enfants et les jeunes de moins de 18 ans, les malades et les personnes âgées de plus de 60 ans en sont dispensés ce qui ne les empêchent pas de pratiquer certaines privations. Les vendredis de Carême sont des jours d’abstinence, ce sont des jours où l’on essaie de constituer des menus moins raffinés et moins copieux.

Le jeûne n’est pas un exercice qui a son sens ou sa valeur en lui-même. Il permet de mettre en pratique ce que l’Ecriture enseigne : « L’homme de vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche du Seigneur » (Dt 8,3 ; Mt 4,4) Le jeûne ouvre donc à la présence de Dieu et dispose à accueillir la seule vraie nourriture : la Parole de Dieu de l’Eucharistie. Le jeûne ouvre donc notre vie à la dimension spirituelle.  Le temps que nous gagnions en ne mangeant pas ou en mangeant moins est donc destiné à une vie de prière plus longue et plus approfondie.

Le jeûne nous oriente vers le partage. Ce que nous économisons pendant le temps du Carême n’est pas destiné à préparer un grand banquet pour le jour de Pâques mais à partager avec ceux qui attendent de nous ce geste de générosité. « 06 Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? 07 N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? » (Is 58, 6-7) Nous aborderons plus précisément les thèmes de la prière et du partage dans les deux prochaines semaines. Nous n’oublions pas dans notre prière Gwendoline, Lys et Max qui se préparent à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne.

Michel Cacaud