L'ÉDITO DU PÈRE CACAUD

semaine du 23 mars 2025

Citius, Altius, Fortius, Communiter (25). Année Sainte (11)

Les chrétiens, pendant le temps du Carême sont invités à être attentifs à leur vie de prière.

Nous avons abordé la semaine dernière la situation des sportifs qui se préparent à une compétition importante lors d’un stage intensif. Si, comme nous le disions, on est alors attentif à leur régime alimentaire, on insiste aussi beaucoup sur leurs motivations. Il est nécessaire que leurs convictions soient renforcées pour que leurs efforts physiques soient à la hauteur de ce que l’on attend d’eux. Le mental est aussi important que la condition physique.

Le temps du Carême est donc, mutatis mutandis, ce temps de préparation offert aux chrétiens qui se préparent alors à renouveler dans la nuit de Pâques les promesses de leur Baptême. Dans ce cadre, l’attention à la vie de prière tient toute sa place. « 16 Soyez toujours dans la joie, 17 priez sans relâche, 18 rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. 19 N’éteignez pas l’Esprit, 20 ne méprisez pas les prophéties, 21 mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ; 22 éloignez-vous de toute espèce de mal. 23 Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers ; que votre esprit, votre âme et votre corps, soient tout entiers gardés sans reproche pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. 24 Il est fidèle, Celui qui vous appelle : tout cela, il le fera. » (Th 5, 16-24) Cette recommandation de Saint Paul nous pouvons l’accueillir en ce temps du Carême.

 

 

La prière chrétienne a une dimension personnelle évoquée dans l’évangile que nous avons entendu pour le Mercredi des Cendres : « 06 Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. » (Mt 6, 6) Cette dimension personnelle de la prière est incontournable. C’est le moment du cœur à cœur avec le Seigneur. C’est cette dimension qui est évoquée dans le dialogue célèbre entre le saint curé d’Ars et le père Chaffangeon. A la question posée par le saint curé à ce paroissien qu’il voit chaque jour dans l’église assis sans rien dire : « Que faites-vous là ? » Le père Chaffangeon répond : « Je l’avise et il m’avise ». Le temps du Carême est orienté vers cette vérification de notre vie de prière personnelle. Quelle place tient-elle dans notre vie quotidienne ? Comment la nourrissons-nous ?

 

 

La prière chrétienne a aussi une dimension communautaire qui revêt diverses expressions :

  • la prière conjugale, la prière familiale et la prière de l’assemblée paroissiale. Ces trois expressions de la prière communautaire ont chacune leur importance.
    Pour le couple c’est un moment offert pour que soit toujours accueillie la grâce du sacrement de mariage, elle est le moment où l’on expérimente la présence de Dieu qui accompagne les joies mais aussi les peines, les difficultés du couple…
  • La prière familiale est un moment quotidien où la famille se rassemble et se place sous le regard de Dieu. C’est le lieu de l’apprentissage des prières élémentaires du chrétien. C’est le lieu où l’on s’encourage, où l’on se réjouit, où l’on se corrige…
  • La prière de la communauté paroissiale est, en particulier lors de la célébration de l’Eucharistie dominicale, le moment où l’on réalise ce que disait le saint curé d’Ars : « Un chrétien isolé est un chrétien en danger ». La diversité et aussi la complexité de nos assemblées paroissiales est le lieu où l’on réalise que c’est l’œuvre de Dieu de nous garder dans l’unité et que c’est lui qui nous garde de succomber aux tentations de la division. C’est le moment où nous nous accueillons les uns les autres nous tournant ensemble vers le même Seigneur.

 

Prenons le temps de la prière. N’hésitons pas à utiliser les moyens qui nous sont offerts pour nous aider si nous voulons aller plus vite, monter plus haut, devenir plus forts, ensemble sur le chemin qui nous conduit à Pâques. Refaire ses convictions en entrant par la prière dans une connaissance renouvelée du mystère de notre Dieu ; Le Carême est le temps de l’affermissement des convictions, des motivations !

Nous n’oublions pas nos chers catéchumènes Gwendoline, Lys et Max.

Michel Cacaud