Jésus, celui qui est né de la Vierge Marie, est envoyé dans le monde à la rencontre d’un peuple qui attend le Messie promis mais plus largement et moins explicitement d’une humanité elle aussi en attente qui à travers ombres et lumières tente de s’approcher du Mystère. L’auteur de la lettre aux Hébreux (Cf. He 10, 8-9) met sur les lèvres de Jésus los de son avènement les paroles du psaume : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; * tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens. « Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. Mon Dieu, voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles. » (Ps 39, 7-9) Jésus en prenant un corps semblable au nôtre vient donc à la rencontre des hommes pour accomplir la volonté de son Père : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la peine connaissance de la vérité. » (1Tm 2-4) C’est donc de l’homme tout entier dans son corps, son âme et son esprit dont Jésus est appelé à prendre soin.
Commençons par le corps. L’Evangile nous offre un certain nombre de pages où nous voyons Jésus prendre soin de la part la plus immédiatement accessible chez un être humain son corps. L’homme à soif et il a faim et nous voyons Jésus ne pas dédaigner ces réalités que l’on peut considérer comme banales car quotidiennes. Souvenons-nous par exemple de la multiplication des pains (Cf. Jn 6, 1-15) ou encore de ces repas partagés lors des noces de Cana (Jn2, 1 ss) ou encore à la suite de l’appel de Matthieu le Publicain relisons cet épisode où Jésus partage un repas et pas seulement avec des personnes recommandables : « Jésus partit de là et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Mt 9, 9-13) Pour la soif nous pouvons nous souvenir de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine près du puit de Jacob. (Jn 4, 7-42) Nous savons aussi comment à partir de ces réalités de notre vie quotidienne Jésus permet à ses auditeurs d’accéder à des réalités spirituelles. Nous y reviendrons.
Un autre aspect de cette attention au corps de la part de Jésus, c’est la considération qu’il a pour les malades. Jésus prend soin des malades qui se tournent vers lui et lui demandent de l’aide. Les exemples sont nombreux car si nous faisions une lecture des évangiles en portant notre attention sur Jésus et les malades, nous verrions que c’est la catégorie de personnes à laquelle il est le plus attentif comme par exemple lorsqu’il guérit un lépreux : « Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses le suivirent. Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre. Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l’offrande que Moïse a prescrite : ce sera pour les gens un témoignage. » (Mt 8, 1-4) Il sait aussi prendre en compte le désarroi de ceux qui sont en bonne santé mais qui doivent accompagner un malade, c’est le cas avec l’esclave du centurion romain. (Cf. Lc 7, 1-10).
Là encore, Jésus sait conduire ses auditeurs de la réalité de la maladie physique ou psychique à une réalité spirituelle nous y reviendrons également. Jésus en prenant soin du corps de l’homme nous apprend à poursuivre ses gestes de commisération. C’est attention que l’Eglise poursuit à travers ses œuvres de charité et ses œuvres hospitalières.