Prendre soin les uns des autres est une véritable source de joie. Cela suppose une disposition intérieure qui consiste à ne pas avoir une vie autocentrée comme le recommande l’Apôtre Paul : « le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux. » (2Co 5, 15) Si nos vies sont centrées sur le Christ, elles s’orientent vers une attention pour les autres « En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère. » (Jn 4,20-21)
Prendre soin les uns des autres peut répondre à une urgence lorsque l’on trouve sur son chemin une personne en détresse, il est naturel que nous lui portions secours, en lui prodiguant des soins ou en appelant ceux qui pourront le faire. Il peut alors s’agir d’un acte de charité gratuit qui ne sera pas à l’origine d’une longue amitié mais cela peut aussi créer des liens plus forts et plus durables. On peut méditer la parabole du Bon Samaritain (Cf. Lc 10, 25-37)
Prendre soin les uns des autres, c’est aussi avoir les yeux ouverts sur les détresses du monde. Voir autour de soi ou plus au loin que des personnes attendent quelque chose de notre générosité. Là encore nous ne pouvons fermer les yeux. Certes nous ne pourrons jamais à nous tout seuls éradiquer toutes les situations de détresse dans le monde mais le peu que nous pouvons faire manquera si nous ne l’offrons pas. Sur notre ensemble paroissial nous nous sommes lancés dans l’aventure du jumelage avec la paroisse Notre-Dame du perpétuel secours en Haïti… des appels nous sont adressés, comment y répondons-nous ?
Prendre soi les uns des autres cela se vit d’une manière naturelle lorsque des parents transmettent la vie à leurs enfants. Ils prennent alors l’engagement de prendre soin de ceux qui sont confiés à leur attention, à leur tendresse, à leur amour et nous savons ce que nous devons à nos parents qui en prenant soin de nous nous ont permis de devenir des adultes capables de se diriger dans la vie.
Prendre soin les uns des autres c’est aussi le vivre dans nos relations amicales. Il s’agit là aussi d’être en mesure d’accueillir l’autre, d’apprendre à le connaître, de lui apporter le soutien, l’attention qu’il attend. Cela prend du temps et exerce notre patience. Cela suppose aussi que je me livre, que je me dévoile afin que l’autre découvre en qui il va mettre sa confiance. C’est une belle expérience que de découvrir combien l’autre peut être attentif à moi et combien je peux être attentif à l’autre. Cela nous invite à développer les sentiments de tendresse, de respect, cela nous permet aussi de découvrir notre vulnérabilité. Avec l’ami, je peux être qui je suis avec mes richesses et mes limites sans craindre que cela soit exploité à mon détriment.
Prendre soin les uns des autres c’est aussi le vivre dans la relation amoureuse. Les époux se reçoivent l’un de l’autre librement s’engageant à veiller l’un sur l’autre tout au long de leur vie en restant fidèles l’un à l’autre. Ce qui est le plus étonnant dans le mariage ce n’est pas que l’on donne sa vie, chacun sait que toute vie qui n’est pas donnée est une vie qui se perd. Ce qui est le plus étonnant c’est que l’on soit choisi pour être celui à qui l’on donne sa vie. Il faut beaucoup de confiance pour remettre sa vie entre les mains d’un autre. C’est là le signe du véritable amour.
Nous reviendrons sur chacun de ces aspects d’une manière plus précise. N’oublions jamais que sur ce chemin où nous apprenons à prendre soin les uns des autres, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur nous aide, lui qui a promis d’être avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps (Cf. Mt 28,20) pour que nous puissions vivre selon son grand commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jn 13, 34)