Prendre soin de son prochain peut-être le fait d’un événement particulier comme nous l’a rappelé la parabole du Bon Samaritain nous invitant à une réaction spontanée en face d’une détresse inattendue. Cette réaction est bonne à n’en pas douter, se tenir prêt à venir en aide est une belle disposition.
D’une manière plus organisationnelle, on peut dire aussi qu’en fonction du temps disponible et des capacités personnelles, on peut s’inscrire au sein des activités d’une association caritative. L’Eglise depuis des temps anciens a voulu inscrire ces activités dans le cadre de sa mission :
« L’amour est donc le service que l’Église réalise pour aller constamment au-devant des souffrances et des besoins, même matériels, des hommes. C’est sur cet aspect, sur ce service de la charité, que je désire m’arrêter dans cette deuxième partie de l’Encyclique. (…). Les années passant, avec l’expansion progressive de l’Église, l’exercice de la charité s’est affirmé comme l’un de ses secteurs essentiels, avec l’administration des Sacrements et l’annonce de la Parole : pratiquer l’amour envers les veuves et les orphelins, envers les prisonniers, les malades et toutes les personnes qui, de quelque manière, sont dans le besoin, cela appartient à son essence au même titre que le service des Sacrements et l’annonce de l’Évangile. L’Église ne peut pas négliger le service de la charité, de même qu’elle ne peut négliger les Sacrements ni la Parole. (…) La nature profonde de l’Église s’exprime dans une triple tâche : annonce de la Parole de Dieu (kerygma-martyria), célébration des Sacrements (leitourgia), service de la charité (diakonia). Ce sont trois tâches qui s’appellent l’une l’autre et qui ne peuvent être séparées l’une de l’autre. La charité n’est pas pour l’Église une sorte d’activité d’assistance sociale qu’on pourrait aussi laisser à d’autres, mais elle appartient à sa nature, elle est une expression de son essence elle-même, à laquelle elle ne peut renoncer. L’Église est la famille de Dieu dans le monde. Dans cette famille, personne ne doit souffrir par manque du nécessaire. En même temps, la caritas-agapè dépasse aussi les frontières de l’Église ; la parabole du Bon Samaritain demeure le critère d’évaluation, elle impose l’universalité de l’amour qui se tourne vers celui qui est dans le besoin, rencontré « par hasard » (cf. Lc 10, 31), quel qu’il soit. Tout en maintenant cette universalité du commandement de l’amour, il y a cependant une exigence spécifiquement ecclésiale – celle qui rappelle justement que, dans l’Église elle-même en tant que famille, aucun membre ne doit souffrir parce qu’il est dans le besoin. Les mots de l’Épître aux Galates vont dans ce sens : « Puisque nous tenons le bon moment, travaillons au bien de tous, spécialement dans la famille des croyants » (6,10). ‘Benoît XVI encyclique Deus caritas est)
L’enseignement du pape Benoît XVI est clair : l’exercice de la charité appartient à la mission de l’Eglise comme l’annonce de la Parole de Dieu et la célébration des sacrements.
Tous au long de son histoire, l’Eglise à honorer cette dimension caritative de sa mission par la création des Hotels Dieu et par le témoignage de grands saints comme saint Laurent au tout d début de l’Eglise de Rome. Plus proches de nous, Saint Vincent de Paul et Louise de Marillac ou encore, ici à Lyon, le bienheureux Antoine Chevrier, sainte Claudine Thevenet et tant de fondateurs et de fondatrices de congrégations du XIXème siècle. Aujourd’hui encore des associations comme le Secours catholique, le CCFD de dimension internationale ou encore des réalisations plus modestes comme les sans-abris, les Amis de la rue ou notre jumelage avec la paroisse Notre-Dame du perpétuel secours en Haïti nous rappellent que prendre soin les uns des autres n’est pas un « à-côté » de la mission de l’Eglise nous invitent à ne pas rester indifférents à leurs appels et à répondre avec générosité à leur demande. Le Pape François lors de l’Année de la Miséricorde avait écrit « qu’une année de la miséricorde qui ne mettait pas la main sur le porte-monnaie n’en était pas une ».