Prendre soin des enfants, c’est la belle tâche des parents chrétiens qui se laissent inspirer par les enseignements de l’Ecritures et par les exemples de Jésus.
Nous connaissons bien sûr ce passage de l’Evangile, souvent choisi à l’occasion du Baptême des petits enfants : « Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains. » (Mc 10, 13-16) Jésus adopte une attitude étrange pour ses contemporains. En effet les enfants étaient alors considérés comme quantité négligeable et ils étaient priés de ne pas se mêler au monde des adultes… On était vraiment loin de la société de « l’enfant-roi » dans laquelle nous vivons. Non seulement Jésus a de la considération pour ces enfants qu’il bénit mais en plus, il les donne en exemple aux adultes, ils deviennent des modèles pour ceux qui veulent « entrer dans le Royaume de Dieu » ! Les enfants vivent dans la totale dépendance de leurs parents de qui ils ont reçu la vie ainsi le chrétien s’en remet complètement au Seigneur pour son salut, il adopte cette attitude de dépendance qui faisait dire au saint Curé d’Ars que « l’homme est un pauvre qui attend tout de Dieu. »
On trouve aussi dans le Nouveau Testament des conseils donnés par l’apôtre Paul concernant l’attitude des parents dans leur rôle d’éducateurs en particulier dans la lettre aux Ephésiens : « Et vous, les parents, ne poussez pas vos enfants à la colère, mais élevez-les en leur donnant une éducation et des avertissements inspirés par le Seigneur ». (Ep 6,4) C’est cette recommandation qui inspira les grands éducateurs au cours de l’histoire : « Que de fois, mes chers fils, dans ma longue carrière, j’ai dû me persuader de cette grande vérité : il est toujours plus facile de s’irriter que de patienter, de menacer un enfant, que de le persuader ! Je dirai même qu’il est plus facile, pour notre impatience et pour notre orgueil, de châtier les récalcitrants que de les corriger, en les supportant avec fermeté et douceur. (…) Pas d’agitation dans notre cœur, pas de mépris dans nos regards, pas d’injures sur nos lèvres. Ayons de la compassion pour le présent, de l’espérance pour l’avenir : alors vous serez de vrais pères, et vous accomplirez un véritable amendement. Dans les cas très graves, il vaut mieux vous recommander à Dieu, lui adresser un acte d’humilité, que de vous laisser aller à un ouragan de paroles qui ne font que du mal à ceux qui les entendent, et d’autre part ne procurent aucun profit à ceux qui les méritent. » (Lettre de Don Bosco à des confrères)
L’épitre aux Hébreux fait le parallèle entre les corrections infligées par les parents à leurs enfants, ordonnées à leur éducation et celles infligées par le Seigneur en vue du Salut : « Vous avez oublié cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches. Quand le Seigneur aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons ; il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils. Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ? Si vous êtes privés des leçons que tous les autres reçoivent, c’est que vous êtes des bâtards et non des fils. D’ailleurs, nos parents selon la chair nous faisaient la leçon, et nous les respections. Ne devons-nous pas d’autant plus nous soumettre au Père de nos esprits pour avoir la vie ? Les leçons que nos parents nous donnaient en croyant bien faire n’avaient qu’un effet passager. Mais celles de Dieu sont vraiment pour notre bien : il veut nous faire partager sa sainteté. Quand on vient de recevoir une leçon, on n’éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse. Mais plus tard, quand on s’est repris grâce à la leçon, celle-ci produit un fruit de paix et de justice. » (He 12, 5-11)