Le prêtre et plus particulièrement le curé est appelé à prendre soin. C’est la traduction de l’expression latine qui désigne son ministère le curé à la « cura animarum » c’est-à-dire qu’il est appelé à prendre soin des âmes. Cette mission se décline selon les trois aspects du ministère : enseigner, sanctifier et gouverner.
Le curé reçoit sa charge de son évêque et il ne peut exercer son ministère qu’en communion avec lui, c’est l’engagement de l’Ordination le jour où le prêtre s’engage à vivre dans l’obéissance à son évêque : « Promettez-vous de vivre avec moi et mes successeurs dans le respect et l’obéissance ? » « Je le promets ». Le curé est donc envoyé par son évêque pour être à la tête d’une paroisse afin d’y enseigner, d’y célébrer les sacrements et de conduire le peuple qui lui est confié.
La mission d’enseignement : La première mission c’est d’enseigner la Parole de Dieu en la proclamant au cours de la messe et en assurant le commentaire (l’homélie) dans la cadre de la célébration dominicale mais aussi à l’occasion de la célébration des sacrements. C’est la Parole de Dieu qui est la source de la vie de foi. Le curé doit donc lui accorder toute sa place non seulement dans le cadre liturgique mais aussi en veillant à ce que les fidèles puissent bénéficier d’une formation pour une meilleure approche de l’enseignement. Dans ce cadre des célébrations autour de la Parole de Dieu, d’une proposition de la lectio divina formation à une approche méditative de la Sainte Ecriture qui lui permet d’être reçues non seulement par l’intelligence et par la mémoire mais aussi de toucher le cœur et ainsi d’éclairer et de guider toute la vie.
La mission de sanctification : le curé célèbre au sein de sa communauté les divers sacrements en particulier le Baptême, l’Eucharistie, la Pénitence, le mariage, l’onction des malades (la Confirmation et l’Ordre étant réservés à l’évêque). Cette mission donne comme un aboutissement de la mission précédente : l’annonce de la Parole Dieu conduisant à la célébration des sacrements ; depuis la réforme liturgique qui a suivi le Concile Vatican II la Parole de Dieu doit obligatoirement être proclamée lors de la célébration de tous les sacrements. Le curé a la charge de veiller à ce que les sacrements soient célébrés selon ce que veut l’Eglise car ils dispensent le mystère de Dieu et ne doivent en aucune manière être livrés à la fantaisie du célébrant ou à celle des fidèles. A travers la célébration des sacrements fidèle à la liturgie se manifeste aussi l’unité à laquelle tous les fidèles sont appelés. La liturgie ne s’invente pas, elle se reçoit. Le curé doit y veiller et le faisant, il prend soin de son peuple.
La mission de gouvernement : Nous venons de dire que la célébration fidèle aux lois liturgiques contribue à l’unité de la communauté locale mais aussi à l’unité de toute l’Eglise. La mission de gouvernement est aussi au service de l’unité. Le curé a donc la charge d’être attentif à cette dimension de sa mission. L’unité qui est le don de Dieu se réalise avec le secours de la grâce dans toutes les communautés. Pour cela le curé doit sans cesse rappeler aux fidèles qu’ils doivent se tourner vers le Seigneur et lui demander ce don de l’unité en même temps il doit leur rappeler qu’ils sont invités à être artisans d’unité par l’accueil bienveillant des enseignements de l’Eglise, par l’ouverture aux autres membres de la communauté dans le respect des différences légitimes. Si le curé doit veiller à l’unité de sa communauté, il doit aussi avoir le souci de rappeler que la communauté locale ne se suffit pas à elle-même et qu’elle doit savoir s’ouvrir à la dimension diocésaine et à la dimension universelle.
Voilà en quoi consiste la mission du curé qui est appelé à prendre soin de la portion du peuple de Dieu qui lui est confiée. Cette mission est gratifiante lorsqu’on devient témoin des progrès de la grâce de Dieu dans le cœur de chacun des fidèles comme dans la paroisse tout entière. C’est aussi parfois une mission délicate lorsque la cohésion de la communauté se complique à cause de l’histoire ou des circonstances mais c’est une grande joie lorsque les difficultés sont dépassées. C’est bien ce que j’ai essayé de vivre au milieu de vous pendant les 6 ans que j’ai passé au service de notre ensemble paroissial. Tout n’a pas toujours été très facile mais la grâce Dieu n’a pas manqué et c’est cela l’essentiel. Le chemin va se poursuivre et les fruits ne manqueront pas.